Lors de cette matinée animée de nombreux échanges sur le thème de l’économie du luxe circulaire, Mina El Hadraoui est intervenue au nom du Collectif Diamant qui inclut le Natural Diamond Council représentant les 7 plus gros producteurs de diamants au monde.

L’importance des mots

Mina El Hadraoui rappelle à quel point les mots sont importants (Words matter) pour qualifier le diamant de façon juste et sans ambiguïté pour le consommateur. L’étude récemment menée par OpinionWay pour le Collectif Diamant souligne que la multiplicité des termes utilisés en France pour parler du diamant, en particulier le terme diamant de culture pour désigner un produit synthétique, est source de confusion. L’objectif du Collectif Diamant est donc de faire tout simplement respecter la loi qui stipule que la mention « synthétique » est obligatoire dès lors qu’il s’agit d’une pierre dont la fabrication est « provoquée totalement ou partiellement par l'homme ». Aucun autre terme n’est autorisé. Les résultats complets de l’étude sont disponibles ici (mettre ici le lien interne).

Les débats se portent ensuite sur l’éthique, où la question reste entière concernant le diamant synthétique. 90% d’entre eux sont réalisés en Chine et aux Etats-Unis et les fabricants donnent peu d’information sur la consommation d’énergie sans doute très élevée des fours à haute température (entre 700 et 1000 °). C’est portant sur ce terrain que les fabricants de diamants synthétiques portent le débat. Mais selon Mina El Hadraoui, il faut aussi mettre en balance l’impact environnemental et socio-économique de l’activité diamantaire et sur ce plan, les groupes miniers ont de solides atouts. Ils emploient 77 000 personnes dans le monde, les salaires et traitements représentent 3.9 milliards $ et les retombées socioéconomiques et environnementales sont de 16 milliards $ pour ne citer que quelques chiffres. Et ce n’est pas tout.  

Un engagement d’éthique et de solidarité 

Les sociétés minières ont pris l’engagement depuis plus de 15 ans déjà de faire bénéficier les communautés de leurs profits et leurs actions sont nombreuses : infrastructures, environnement, éducation, santé, droit du travail…  Le cas du Bostwana est éloquent. 80% des revenus du diamant restent dans le pays, en grande partie investis, non seulement pour le bien-être de la communauté minière, mais dans la nouvelle économie qui se construit au-delà de celle du diamant car les mines ne sont pas éternelles. Cette vision de la période post-diamant est essentielle et elle illustre parfaitement le concept d’économie circulaire.

L’égalité homme-femme, l’inclusivité, la protection de la faune et de la flore sont d’autres sujets sur lesquels les groupes miniers agissent concrètement. Il y a plus de dix ans, le groupe russe ALROSA a créé un parc naturel de 32 000 hectares pour protéger la biodiversité de la Yakoutie occidentale, riche en espèces menacées. Un programme de préservation de la faune et de la flore, y compris une initiative de migration des rennes ont été fiancés par ALROSA. Mina El Hadraoui rappelle aussi que les mines ne polluent pas. Le tri de la roche ne consomme que de l’eau - à l’exclusion de tout produit toxique - qui est recyclée à 82%.

 

Les mines, et alors ?

Olivier Ségura, ancien directeur du Laboratoire Français de Gemmologie, aujourd’hui président de l’Association Française de Gemmologie et Directeur Scientifique de l'Ecole des Arts Joailliers, corrobore les propos de Mina El Hadraoui. Bien sûr, le travail dans la mine est difficile mais comme dans toutes les mines. Nous vivons du produit de la terre, que ce soit par l’utilisation des matériaux de construction tels que le béton, le ciment, le verre, pour nos appareils électroniques, etc… Si le diamant naturel fait toujours rêver et pourrait se passer de tout marketing tant son évocation réveille un imaginaire puissant, nous avons aussi besoin du diamant synthétique pour l’industrie, pour l’électronique ou la NASA par exemple.

Le diamant synthétique prend inéluctablement sa place sur le marché du bijou. Dès lors, la transparence est essentielle, il faut juste savoir ce que l’on achète et payer le prix juste. Les coûts ne sont pas les mêmes entre le naturel et le synthétique. Nous avons peu d’information sur ce sujet, déplore Mina El Hadraoui, mais les fabricants de synthétiques réalisent sans doute de très bonnes marges et profitent pleinement de la belle image patiemment construite pas les acteurs du diamant naturel.

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